La résille solaire : matérialité, structure et fabrication

Nuances par Simon Cyr, Daniel Henao Espinosa, Alexandre Laprade et Dominique Raymond

Nuances par Simon Cyr, Daniel Henao Espinosa, Alexandre Laprade et Dominique Raymond

X Y Z par Daphné Cyr, Cynthia Lam, Zheng Si Liu et Camille Valette-Viallard

X Y Z par Daphné Cyr, Cynthia Lam, Zheng Si Liu et Camille Valette-Viallard

Gruesille par Juliette Cheval, Rémy Fortin, Marco Antonio Quiroz Bautista et Anna Torres

Gruesille par Juliette Cheval, Rémy Fortin, Marco Antonio Quiroz Bautista et Anna Torres

L'enseignement ayant une place importante de ma vie - plus de 300 heures par année - depuis plus de 10 ans! Je profite de cette tribune aujourd'hui pour vous présenter des travaux d'étudiants. Le premier exercice de la session d'hiver de l'atelier d'architecture 4 (2e année du bacc.) qui vient de se terminer propose aux étudiants de concevoir et de construire à l'échelle réelle (1:1) un fragment de résille solaire, dans notre langage d'architecte on nomme ce fragment un «mock-up» ou un prototype.

« Comme l'a démontré l'historien George Bauer, le «mock-up» (échantillon de l’ouvrage), qui remonte au XVIe siècle, a évolué à travers le temps. Utilisé aujourd'hui principalement comme outil juridique, le «mock-up» apparaît dans les devis d'architecture depuis le début du 20e siècle. Comme tel, il s'agit d'une clause contractuelle garantissant que l'entrepreneur sur le chantier comprend et traduit correctement ce qui serait autrement communiqué par l'architecte uniquement en dessins. »  Bauer, Georges. “Arguing authority in late Renaissance Architecture”, Art History 19 (3) September 1996. Cité dans Matter: material processes in architectural production, Routledge 2012, p 239.

Tel que définit au plan de cours de la professeure et architecte Manon Asselin : L’étape 1 du projet vise la conception et la fabrication d’une surface articulée conçue à partir d’un principe mathématique/géométrique sous-jacent qui constitue à la fois son organisation compositionnelle et sa logique structurelle. À cette étape du projet, l'objectif n'est pas d'arriver à un bâtiment complet, mais plutôt de distiller un cadre conceptuel vers la découverte d’une narration spatiale spécifique.

S’inspirant des qualités de textures et de luminosités d’un dispositif optique construit que vous aurez documenté (précédent), cette étape du projet vise la fabrication numérique d’une résille solaire tridimensionnelle permettant d’une part de filtrer les rayons solaires nuisibles et d’autre part de moduler l’intensité de la lumière naturelle. Le «mock-up» de la résille sera un fragment à l’échelle 1:1. Sa matérialité et ses qualités constructives guideront et seront guidés réciproquement par l'expérience de l'espace qui se dessine, par les contraintes techniques et physiques de l'assemblage et par la culture matérielle de notre climat nordique. En ce sens, et à titre d’outil de conception, le «mock-up» est à la fois une exploration performative et poétique.

Ainsi, au-delà de sa capacité à communiquer les intentions de conception pour le profane et l’industrie de la construction, le «mock-up» a, ces dernières années, regagné de l'importance dans le processus de conception de nombreux architectes. Pour ceux qui opèrent dans le champ élargi des pratiques matérielles, le «mock-up» est un processus itératif et une recherche de type spéculative qui informe, dès le début, le concept architectural plutôt qu'une confirmation de ce qui a été conçu simplement à travers le dessin.

Cet exercice de deux semaines et demi! est chaque année attendu par les étudiants et donne lieu à beaucoup de créativité, d'expérimentation et d'apprentissage.