tératome, clovek & the 420 / frédéric tavernini

Tératome : type de tumeur, signifiant « tumeur monstre » en grec ; tumeur qui débute habituellement par la transformation de cellules dans les testicules ou les ovaires ; elle peut même produire des poils ou des dents à l’intérieur des ovaires, nous apprend Wikipédia.

Voilà un sujet bien glauque pour une installation chorégraphique, mais, du même coup, tout aussi fascinant. Sujet qui nous rappelle qu’à l’intérieur même de notre corps, se cachent des entités indépendantes, des monstres affamés, prêts à nous ronger lentement.

De ce sujet très personnel, Frédéric Tavernini — jeune chorégraphe qui a une longue feuille de route en tant qu’interprète, que ce soit aux Grands Ballets Canadiens ou auprès de chorégraphes comme Dave St-Pierre, Frédérick Gravel ou Louise Lecavalier, entre autres — en tire une œuvre singulière, chirurgicale, mais empreinte d’une poésie noire, fragile, qui résonne jusqu’à l’intérieur de notre propre corps.

Les spectateurs sont ainsi invités à déambuler, tout au long de la performance, de la mezzanine à la « scène ». Si quelques chaises sont disposées sur la mezzanine, l’œuvre s’apprécie mieux en se déplaçant pour jauger les différents points de vue, alors que les éléments et les danseurs se meuvent dans l’espace.

Au centre de l’installation, un rectangle formé de six immenses tôles métalliques attire l’attention. Suspendues au plafond et, nous le découvrirons plus tard, pouvant glisser pour ainsi ouvrir et refermer cet espace, ces tôles sont amplifiées et leur vibration se fera plus ou moins intense tout au long de la performance, emplissant l’air et résonnant au creux même de notre cage thoracique.

Au centre de ce rectangle ainsi délimité par les tôles, une reproduction d’une colonne vertébrale suspendue, terminée par un bassin. Au creux même du bassin, une sphère grisâtre dont on reconnait tout de suite l’identité : tumeur.

À cela, s’ajoute, dans un coin de la scène, une autre curiosité : un objet suspendu, sorte de tuyau en forme de « s » où on a ajouté, à une extrémité, une membrane tendue et qui fonctionne avec un système à air comprimé.

Informations :

Type : Scénographie
Localisation : Montréal, QC
Phase | année : Présentation | 2013

Scénographie : Patrick Morand architecte
Direction artistique et chorégraphie : Frédéric Tavernini
Création et interprétation : Frédéric Tavernini et Anne Thériault
Lumière et direction technique : Alexandre Pilon-Guay
Composition et musicien sur scène : Jean-François Laporte

Ce qu'on en dit :

« La scénographie (créée en collaboration avec Patrick Morand) d'abord, impressionne. On est à des lieues de l’œuvre classique dansée à l'italienne, mais plutôt dans un esprit déambulatoire, où les frontières entre interprètes et public sont délibérément floues. À cet effet, le studio Hydro-Québec du Monument-National est tout indiqué, avec sa mezzanine qui entoure la scène, permettant ainsi d'avoir une vue en plongée sur l'action qui se déroule en dessous — un peu à la façon, d'ailleurs, d'étudiants en médecine observant une expérience sur un cobaye. »_ Iris Gagnon-Paradis;

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