Plage de l'est, un parc riverain à Montréal

Face à l’équilibre fragile d’un tel site, l’objectif est de restaurer le caractère du paysage riverain de la plage de l’Est, tout en optimisant un espace public attractif pour la population locale invitant à une réappropriation des berges, dans une logique de développement durable.

Principe général d’organisation spatiale
Depuis les entrées de la 94ème avenue et de la rue Bureau, l’organisation générale du site s’articule autour de la circulation piétonne généreuse menant jusqu’à la berge. La largeur des sentiers varie afin de créer des resserrements à des endroits stratégiques ainsi que des élargissements au sein des zones plus programmées.

Le projet insiste sur l’importance d’offrir une capacité de récit au site, et ce en multipliant les usages possibles, les parcours, les ambiances, et en pensant avant tout le « vivre ensemble ». Ainsi, les différents aménagements récréatifs tels que les jeux pour enfants ou les jets d’eau s’organisent dans une composition de cercles reliés à la circulation piétonne. Ils laissent une « prairie » centrale, plus libre et propice à la contemplation du paysage.

La circulation depuis la rue Bureau est l’axe principal sur lequel se connecte le pavillon de la Plage comprenant un café, un bureau administratif, des toilettes, une salle mécanique et une terrasse ouverte protégée, notamment pour les activités hivernales.

Dans la continuité de cette circulation, la tour d’observation pivote pour s’orienter vers l’Ile Ste-Thérèse et suggère ainsi les connexions entre les deux rives. Elle est un repère visible depuis l’eau, sur le sentier de la Route Bleue, et depuis la terre, dans le prolongement de l’entrée ouest du parc. S’insérant dans le motif du paysage de rive, la tour accueille un stockage pour les petites embarcations, exploitant la proximité de l’accès à la berge.

La plage est accessible pour la pratique d’activités récréatives telles que la pêche, éventuellement la baignade, ou encore tout simplement pour admirer le paysage, son traitement demeurant toutefois le plus naturel possible, notamment en conservant l’enrochement de petit diamètre retrouvé présentement sur le bord de l’eau.

Dialogue entre architecture et nature
Suivant une séquence végétale, l’architecture est conçue comme un élément à part entière du paysage. Implantés dans la circulation est/ouest, le pavillon et la tour d’observation, se nourrissent d’un site dont les spécificités constituent une « matière à projets ». Ils proposent des espaces support de pratiques pour tous et appropriables, tout en dialoguant avec l’environnement.

Dans une vision de développement durable, le pavillon installé dans le boisé est composé d’une structure en bois massif posée sur un socle de béton, offrant un fini durable et un contraste harmonieux avec la végétation et la poussière de pierre stabilisée des sentiers. La tour d’observation déclinant un langage similaire, le bardage en bois en claire voie au rez-de-chaussée permet d’en contrôler l’accès tout en introduisant des variations de textures et une finesse de nuances suivant la lumière.

Informations :

Type : Institutionnel, parc riverain
Localisation : Montréal, QC
Phase | année : Finaliste au concours | 2014

Architectes : Patrick Morand architecte et Atelier Barda
Chargé de projet : Patrick Morand architecte
Partenaire : NIP paysage
Collaboration : Hélène Lemouzy et Julien Pinard

Promoteur du concours :

« Ce concours consiste en l’aménagement d’un terrain vague riverain au fleuve St-Laurent et à la réappropriation par les citoyens de ses berges. Le concours devra permettre la mise en relief d’approches novatrices visant l’intégration harmonieuse des concepts d’aménagements proposés dans le paysage où ils s’insèrent. »

_ Montréal ville Unesco de design

Distinctions :

  • Projet finalistes choisi parmi les 36 propositions.